Les trois accidents majeurs et ce qu'ils nous ont appris

Les trois accidents majeurs et ce qu'ils nous ont appris
Trois accidents nucléaires majeurs en 70 ans d'exploitation commerciale. Voici ce qui s'est vraiment passé dans chaque cas et ce que ça change pour les réacteurs actuels.

Three Mile Island en 1979 a démontré l'importance de l'interface homme-machine. Une vanne bloquée a vidé le circuit de refroidissement primaire. Mais les opérateurs ont mal interprété les indicateurs pendant 2 heures et 20 minutes. Le cœur a fondu à 52%, mais l'enceinte de confinement a tenu. Zéro mort, zéro contamination extérieure significative. Les leçons: formation des opérateurs refaite entièrement, interfaces redessinées, simulateurs obligatoires.

Tchernobyl en 1986 reste un cas à part. Les opérateurs ont délibérément désactivé 7 systèmes de sécurité pour un test. Le réacteur RBMK utilisait du graphite comme modérateur, un design instable à basse puissance. Pas d'enceinte de confinement. Une explosion de vapeur a détruit le bâtiment réacteur et projeté des matières radioactives pendant 10 jours. Bilan: 31 morts immédiats, environ 4000 cancers de la thyroïde évitables si on avait distribué de l'iode.

Les réacteurs RBMK n'existent plus en Occident. Tous les réacteurs modernes ont des enceintes de confinement en béton de 1,2 mètre d'épaisseur capables de résister à un crash d'avion. Les systèmes de sécurité fonctionnent par défaut: il faut de l'énergie pour les désactiver, pas pour les activer.

Fukushima en 2011 a révélé l'angle mort des risques naturels combinés. Un séisme de magnitude 9,0 a déclenché l'arrêt automatique des réacteurs. Mais le tsunami de 14 mètres a noyé les générateurs diesel de secours situés en sous-sol. Sans refroidissement pendant 3 jours, trois cœurs ont fondu. L'hydrogène produit a explosé, détruisant les bâtiments secondaires mais pas les enceintes de confinement.

Zéro mort par radiation à Fukushima. Les 2300 décès sont dus à l'évacuation précipitée de personnes âgées. La zone d'exclusion de 20 km était probablement excessive pour la plupart des secteurs. Les mesures post-accident montrent que 80% de la zone pourrait être réhabitée sans risque.

Les modifications post-Fukushima sont concrètes. Générateurs diesel surélevés ou enterrés dans des bunkers étanches. Sources d'alimentation électrique quintuplées. Pompes mobiles stockées sur site. Vannes d'évent filtrées pour libérer la pression sans rejets massifs. Exercices d'urgence avec inondation simulée tous les deux ans.

Les réacteurs de génération III+ intègrent le refroidissement passif. En cas de perte totale d'électricité, la gravité et la convection naturelle suffisent à refroidir le cœur pendant 72 heures minimum. Pas de pompes, pas d'électronique, juste la physique.

Paramètres des cookies

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience sur notre site. Vous pouvez choisir les types de cookies que vous acceptez.