Ce que deviennent vraiment les déchets nucléaires
Un réacteur de 1000 MW produit environ 20 tonnes de combustible usé par an. Ça semble beaucoup jusqu'à ce qu'on compare: une centrale à charbon de même puissance produit 400000 tonnes de cendres et rejette 7 millions de tonnes de CO2. Le volume physique change tout.
Les déchets se classent en trois catégories selon leur radioactivité. Les déchets de faible activité (gants, outils, filtres) représentent 90% du volume mais seulement 0,1% de la radioactivité totale. Les déchets de moyenne activité (résines, boues) font 7% du volume et 4% de la radioactivité. Les déchets de haute activité (combustible usé, déchets vitrifiés) ne représentent que 3% du volume mais 96% de la radioactivité.
Le retraitement récupère 96% du combustible usé. En France, l'usine de La Hague sépare l'uranium (95%) et le plutonium (1%) qui peuvent être réutilisés. Les 4% restants sont les vrais déchets ultimes. Ces produits de fission sont vitrifiés dans des matrices de verre borosilicaté.
La vitrification enferme les déchets dans du verre. On mélange les déchets liquides avec de la poudre de verre à 1100°C. Le mélange refroidit en blocs solides coulés dans des conteneurs en acier inoxydable de 1,3 mètre de haut. Un conteneur pèse 500 kg et contient les déchets de 4 tonnes de combustible usé.
Le stockage temporaire dure plusieurs décennies. Les conteneurs refroidissent d'abord pendant 5 ans dans des piscines, puis sont transférés dans des installations de stockage sec ventilé. Ils dégagent encore de la chaleur pendant 50 à 100 ans.
Le stockage géologique profond est prévu pour 2035 en France. Le projet Cigéo à Bure creuse des galeries à 500 mètres dans l'argile. Cette roche imperméable a 160 millions d'années et n'a jamais bougé. Les conteneurs y resteront surveillés pendant 100 ans avant scellement définitif.
Soixante ans de nucléaire en France ont produit environ 1,7 million de m³ de déchets tous types confondus. Les déchets de haute activité tiendraient dans un cube de 15 mètres de côté. C'est gérable physiquement, même si ça demande une surveillance sur plusieurs siècles.
Le vrai problème est politique et financier, pas technique. On sait comment stocker ces déchets de façon sûre. La question est qui paie et qui accepte le site.